06 novembre 2011

Communiqué de presse.

 

« L’AIRE DU TEMPS » EXPOSITION DE JAQUES ASSERIN

Jeu sur des images d’images

 

Comment définir la peinture de Jacques Asserin ? Au premier coup d’œil, la dimension et le format carré des châssis constituent le principal élément fédérateur de l’œuvre de Jacques Asserin. « Ce format n’est pas connoté peinture de chevalet, je n’arrive pas à faire de peinture rectangulaire », explique t-il.

Au premier coup d’œil, toujours, le constat de la diversité des motifs s’impose. Une partie des toiles relève clairement de la figuration : certaines toiles décrivent des paysages, souvent des montagnes, d’autres, d’une facture proche de l’hyperréalisme, représentent des personnages. En revanche, pour les autoportraits, le flou s’impose, le sujet évanescent semble se diluer dans une brume bleutée. La seconde série de toiles s’apparente à l’abstraction. Certaines tendent vers la monochromie, d’autres évoquent des photos prises par des spirites censées immortaliser des esprits ou des clichés scientifiques pris au microscope électronique.

Mais cette abstraction n’est qu’apparente, car Jacques peint d’après motif, qu’il reproduit le plus exactement possible. Pour l’ensemble de ses toiles, le processus est le même, il choisit ses modèles parmi des photographies stockées sur le disque dur de son ordinateur. « Je fais des images où le sujet est reconnaissable et d’autres où il ‘est pas reconnaissable, mais l’image est toujours là, elle est la source ». A l’opposition classique figuration/abstraction, Jacques Asserin préfère la dualité figuration/défiguration.

Au fil des années et des expériences, Jacques Asserin a mis au point un protocole qui allie photographie et peinture, travail sur écran et sur la toile, modernité et tradition. Il qualifie le résultat de ce processus de « portraits d’images ».

Première étape : la prise de photos. « Quand tu prends une photo, tu n’as pas tout vu, tu n’as même rien vu, après quand tu développes ta photo ou que tu l’agrandis, tu découvre plein de détails qui t’ont échappés », explique Jacques. L’objectivité de l’objectif photographique permet de restituer des détails qui échappent à l’œil humain. « La photographie, avec ses auxiliaires que sont les instantanés, les agrandissements, montre ce qui se passe. Elle seule nous renseigne sur cet inconscient visuel, comme la psychanalyse nous renseigne sur l’inconscient pulsionnel », écrit Walter Benjamin dans sa Petite histoire de la photographie. Michelangelo Antonioni en a fait un film : dans Blow up, le héros découvre un meurtre en agrandissant une des photos. Ce medium permet également d’introduire la dimension du temps à la peinture, qui par excellence, est un art de l’espace. Il s’agit du temps de la prise de vue, de la fraction de seconde du déclic, la mémoire de l’instant bien sûr, mais aussi du moment ou la transformation sur ordinateur révèle l’image.

La seconde étape, le choix de la photo, peut s’avérer très longue, à tel point que Jacques Asserin la compare à un travail d’archéologue… On pense plutôt à un détective : armé de son logiciel de traitement d’image et de la loupe de son ordinateur, il scrute ses clichés comme Sherlock Holmes traque les indices. Il les agrandit, ou non, les transforme, ou non ; c’est selon son humeur, un choix presque dû au hasard, il ne s’impose pas de critères.

Jacques Asserin passe ensuite au stade de la reproduction sur la toile et se revendique peintre dans son acception la plus classique du terme, à savoir qu’il imite la nature, ou du moins les clichés de la nature. Pour les premiers philosophes occidentaux, l’imitation, la  mimésis en grec ancien est la condition indispensable pour l’émergence du beau. Pour Aristote, « imiter est naturel aux hommes et cette tendance est manifeste dès leur enfance ». Platon se méfie de l’imitation  en ce qu’elle n’est qu’artefact de la réalité, il refuse la présence d’artistes dans la cité parce qu’en imitant, ils bercent d’illusions. Chez Jacques Asserin, l’intérêt pour l’imitation relève plus de l’humilité que l’affiliation aristoténicienne, il refuse de jouer les démiurges. « A part Dieu, personne ne peut créer, par contre on peut imiter. Le terme création est très discutable, créer c’est partir de rien, cela me semble impossible ».

La dernière étape, essentielle pour Jacques Asserin réside dans l’accrochage. « C’est la finalisation du travail ». Il identifie cette phase à une installation. Il la verrait volontiers évolutive, voire participative, le public donnant son avis. Jacques Asserin aimerait travailler comme un musicien, comme Coltrane qui déclarait à un journaliste : « Je voudrais créer des climats qui agissent  sur les auditeurs ».  Il est indéniable que sa peinture reflète une impression de fluidité, quasi insaisissable, à la limite de la dilution. « Il y a de l’effacement et de la découverte, c’est ce qui m’intéresse ». L’élément liquide l’inspire également, surtout depuis qu’il s’est établi en bord de Seine : « la surface de l’eau est difficile à lire.... elle change tout le temps... ».

Jacques Asserin se définit comme un artiste minimaliste par les motifs qu’il aborde, en opposition avec le côté baroque de la nature. Il l‘est également dans sa démarche : « A partir d’images quasiment abstraites, je tente de partager  un petit moment de battement, de doute, de réflexion ».

Hubert Legras. Novembre 2011.

 

 

 

Horaires et jours d’ouverture :du jeudi au samedi de 14à18h

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Contact tel:02 32 59 57 65

Mail : asserin@wanadoo.fr

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